PIERRE WITTMANN 

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Pierre

PIERRE WITTMANN

Pierre : le peintre

Né à Genève le 7 juillet 1943, d'une mère artiste peintre et d'un père écrivain, Pierre Wittmann étudie l'architecture à l'université de Genève, dont il est diplômé en 1970. Il crée en 1971 une société d'arts graphiques et d'édition qu'il dirige jusqu'en 1975. PW quitte Genève en 1976 pour s'installer en France, à Musièges en Haute-Savoie. Il se consacre alors principalement à la peinture, mais pratique aussi l'architecture, la sculpture et le design. Il entreprend plusieurs voyages d'étude aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Extrême-Orient, avant de s'installer en 1982 à Paradise Valley en Arizona. Il découvre la Polynésie Française en 1983 et décide quelques mois plus tard d'aller vivre à Tahiti. Pour poursuivre l'étude et la pratique du bouddhisme qu'il avait découvert à Tahiti, PW décide en 1988 de s'installer en Thaïlande. Il vit d'abord à Bangkok, puis de 1992 à 1997 à Hua Hin, au bord du golfe du Siam, et, depuis 1997, à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande. Depuis qu'il a quitté l'Europe en 1982, PW a toutefois passé presque tous les étés en France, d'abord à Musièges, et depuis 2007 en Provence, à Cabrières d'Aigues, au sud du Luberon.

La peinture de PW se divise en deux périodes distinctes, qui toutefois se chevauchent, une période figurative, de 1976 à 1988, et une période abstraite, qui, même si elle surgissait déjà de temps à autres dans les peintures figuratives, s'installe progressivement pendant le séjour à Tahiti et s'impose vraiment dès l'installation en Thaïlande.

Pendant sa période figurative, PW peint des sujets contemporains, des visions du monde où il vit, la voie piétonne de Lyon, les golfs de Divonne et d'Aix-les-Bains, Creys-Malville et sa centrale nucléaire, et plus tard les canyons et les paysages désertiques d'Arizona. Il peint aussi les souvenirs et les expériences qu'il rapporte de ses voyages, la solitude de l'homme dans les rues de New York, la douce nonchalance d'un jour férié à Venise, les perspectives baroques des trottoirs de Buenos Aires, l'évolution de la foule devant le Centre Pompidou à Paris, les plages ensoleillées de Copacabana et d'Alexandrie, la vogue du patin à roulette en Californie, les structures géométriques des gratte-ciel de Denver ou Dallas. À Tahiti, les sujets reflètent sa rencontre avec les peuples du Pacifique, sa découverte de leurs traditions, de leur art et en particulier de leurs danses, et aussi les visions architecturales qui le fascinent pendant ses voyages, au Pérou, en Australie, en Corée, au Japon.

En 1985, à la suite d'un long séjour en Corée pour étudier la calligraphie chinoise, les Calligraphies couleur sont les premières peintures qui abandonnent le sujet figuratif pour le remplacer par des symboles, les idéogrammes chinois. Elles seront suivies, pendant les années polynésiennes, par Lettres, Géométries sacrées, Textes sacrés, Alphabets et Apprendre le thaï. À Bangkok, les peintures deviennent encore plus abstraites et leur principale source d'inspiration est le bouddhisme, avec des sujets comme Aperçu de la vacuité, Impermanence, Les origines interdépendantes, Les quatre nobles vérités, Nature de Bouddha, Lumière arc-en-ciel, Mantras tibétains et Claire lumière.

À Hua Hin, le bouddhisme n'est plus prépondérant, d'autres sujets spirituels apparaissent, Yi Jing et Ennéagramme, puis des séries de Compositions multicolores et de Motifs de lumière, où même le support des symboles et des thèmes spirituels disparaît. À Chiang Mai, c'est la lumière qui devient le thème essentiel, avec Rayons de lumière, Ombre et lumière, Fragments de lumière. En 1996, PW commence à s'intéresser aux médecines alternatives, étudie le reiki et d'autres techniques de guérison, et, en 2000, les Peintures de lumières deviennent des Peintures de guérison.

Depuis 2006, les Peintures tantriques reflètent la nouvelle orientation de sa quête spirituelle, à la suite de sa rencontre avec Éric Baret et le yoga tantrique du Cachemire en 2002.

La peinture figurative de PW est proche de la Nouvelle Figuration et des hyperréalistes, toutefois, si son message se dégage d'un cadrage très personnel de la vision du monde, ses sujets sont également le point de départ d'une composition esthétique et d'une recherche de couleurs. PW utilise la peinture acrylique, qui convient fort bien à son graphisme simple, où les formes définies d'un seul trait sont traitées en aplats de couleurs vives. La fraîcheur et la vitalité de son style se retrouvent dans les nombreuses sérigraphies qu'il a éditées en Suisse et aux États-Unis.

En passant à la peinture abstraite, PW n'abandonne pas seulement le support des sujets et des formes figuratives, paysages et personnages, mais aussi l'emploi systématique de formes bien délimitées et d'aplats. Les surfaces de couleur deviennent plus nuancées et commencent à franchir les traits du dessin. Dans les Peintures de lumière et les Peintures de guérison, c'est le dessin qui disparaîtra complètement, ne laissant la place qu'à des taches de couleur. Mais les structures, les lignes, la géométrie, chères à l'architecte, sont souvent sous-jacentes et réapparaissent par périodes.

Ce qui n'a pas changé, à travers toutes ces périodes et tous ces sujets, ce sont les couleurs, toujours vives et lumineuses, leurs jeux, leurs harmonies, leurs contrastes, qui reflètent une vision gaie et colorée du monde, qu'il soit intérieur ou extérieur, et la joie de peindre. C'est cette lumière que PW a sans cesse poursuivie dans ses voyages et dans la recherche de ses lieux de vie, l'Arizona, Tahiti, la Thaïlande, et maintenant la Provence, où chaque matin, devant ses fenêtres, la montagne Sainte Victoire lui fait un clin d'œil...